Le Journal de Thomas Jill Wiernon

Le Journal de Thomas Jill Wiernon

Citations

 

Allais (Alphonse)

 

« Un criminel est une personne avec des instincts de prédateur et qui n’a pas assez de capital pour fonder une société. » 

 

 

 

Allais (Maurice)

 

« Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement, elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents. » 

 

 

 

Antelme (Robert)

 

« On aura découvert ou reconnu qu’il n’y a pas de différence de nature entre le régime ‘normal’ d’exploitation de l’homme et celui des camps. Que le camp est simplement l’image nette de l’enfer plus ou moins voilé dans lequel vivent encore tant de peuples. Que la ‘morale’ qui recouvre l’exploitation camoufle le mépris qui est le ressort réel de cette exploitation. Et qu’à partir de là, on ne pourra recevoir comme telles aucune morale, ni aucune valeur, si elles ne sont pas concrètement universalisables, c’est à dire si l’on implique pas d’abord que les conditions de l’exploitation de l’homme par l’homme (…)  » 

 

 

 

Aubrac (Lucie et Raymond)

 

 « Créer c’est résister, Résister c’est créer… » 

 

 

 

Bergson (Henri)

 

« La fraternité est la seule valeur à même de réconcilier ces sœurs ennemies que sont la liberté et l’égalité. » 

 

 

 

Bohr (Niels)

Un expert est une personne qui a fait toutes les erreurs qui peuvent être faites, dans un domaine étroit... 

 

 

 

Boulding (Kenneth)

 

« Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou, ou un économiste. » 

 

 

 

Burke (William)

 

« La crédulité des dupes est un fond inépuisable pour l’ingéniosité des coquins. »

 

 

 

Bensaïd (Daniel)

 

 « Je ne partage pas la nostalgie du grand homme qui hante les biographies (…). On ne va pas se plaindre de l’effacement de l’homme providentiel et de la crise des « sauveurs suprêmes ». A condition qu’il en sorte un nouvel âge démocratique, où « les masses », comme on disait jadis, fassent davantage leur propre histoire et où le « sauvons-nous nous-mêmes » de la chanson devienne réalité. (…) Quant à l’admiration, je la garde pour les rebelles anonymes et pour les héros ordinaires de la résistance à l’irrésistible (…) c’est la loyauté envers ces inconnus qui fait la grandeur de la politique. » 

 

 

 

Camus (Albert)

 

« Ce qui vient après la mort est futile. » 

 

« Il faut créer le bonheur pour protester contre l’univers du malheur. » 

 

 

 

Castoriadis (Cornelius)

 

« La pudeur est, évidemment, vertu sociale et politique : sans pudeur, pas de démocratie. »

 

 

 

Chateaubriand (François René, Vicomte de)

 

« L'aristocratie a trois âges successifs: l'âge des supériorités, l'âge des privilèges, l'âge des vanités; sortie du premier, elle dégénère dans le second et s'éteint dans le dernier.  »

 

« La mode est aujourd’hui d’accueillir la liberté d’un rire sardonique, de la regarder comme une vieillerie tombée en désuétude. » - propos de Chateaubriand à Napoléon en 1811.

 

 

 

Chomsky (Noam)

 

« Il me semble que, au moins dans les sociétés occidentales riches, la démocratie et le marché libre déclinent à mesure que le pouvoir se concentre, chaque jour davantage, dans les mains d’une élite privilégiée. » 

 

 

 

Clarke (James Freeman)

 

« La différence entre l’homme politique et l’homme d’État est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération. » 

 

 

 

Erasme

 

« C'est toujours ce qu'il y a de plus inepte qui rencontre le plus d'admirateurs.» - Eloge de la Folie - 1511

 

 

 

Galbraith (John Kenneth)

 

« L’économie de marché est volontiers décrite comme un héritage ancien. En l’occurrence, c’est une escroquerie, ou plus exactement une erreur communément admise. Trop de gens apprennent l’économie dans des manuels qui entretiennent encore les dogmes de la production concurrentielle des biens et des services et de la capacité d’acheter sans entraves. En fait, il peut n’y avoir qu’un ou quelques vendeurs assez puissants et persuasifs pour déterminer ce que les gens achètent, mangent et boivent. » 

 

 

 

Généreux (Jacques)

 

« L'idée selon laquelle les lois de l'économie seraient aussi inéluctables que celles de la nature ne dépossède-t-elle pas les hommes de leur propre histoire plus encore que la soumission de l'ordre social à la volonté divine ? Car l'homme peut se révolter contre Dieu, mais pas contre la loi de la gravitation. » 

 

 

 

Goethe (Johann Wolfgang von)

 

« Des idées générales, jointes à une grande prétention, mettent sur la route des plus affreux malheurs. » - Les maximes et réflexions (1749-1832).

 

 

 

Gramsci (Antonio)

 

« Il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté. »

 

« Chaque matin, à me réveiller encore sous la voûte céleste, je sens que c’est pour moi la nouvelle année. C’est pourquoi je hais ces nouvel an à échéance fixe qui font de la vie et de l’esprit humain une entreprise commerciale avec ses entrées et sorties en bonne et due forme, son bilan et son budget pour l’exercice à venir. Ils font perdre le sens de la continuité de la vie et de l’esprit. On finit par croire sérieusement que d’une année à l’autre existe une solution de continuité et que commence une nouvelle histoire, on fait des résolutions et l’on regrette ses erreurs etc. etc. C’est un travers des dates en général. On dit que la chronologie est l’ossature de l’Histoire; on peut l’admettre. Mais il faut admettre aussi qu’il y a quatre ou cinq dates fondamentales que toute personne bien élevée conserve fichée dans un coin de son cerveau et qui ont joué de vilains tours à l’Histoire. Elles aussi sont des nouvel an. Le nouvel an de l’Histoire romaine, ou du Moyen Âge, ou de l’Époque moderne. Et elles sont devenues tellement envahissantes et fossilisantes que nous nous surprenons nous-mêmes à penser quelquefois que la vie en Italie a commencé en 752, et que 1490 ou 1492 sont comme des montagnes que l’humanité a franchies d’un seul coup en se retrouvant dans un nouveau monde, en entrant dans une nouvelle vie. Ainsi la  date devient un obstacle, un parapet qui empêche de voir que l’histoire continue de se dérouler avec la même ligne fondamentale et inchangée, sans arrêts brusques, comme lorsque au cinéma la pellicule se déchire et laisse place à un intervalle de lumière éblouissante. Voilà pourquoi je déteste le nouvel an. Je veux que chaque matin soit pour moi une année nouvelle. Chaque jour je veux faire les comptes avec moi-même, et me renouveler chaque jour. Aucun jour prévu pour le repos. Les pauses je les choisis moi-même, quand je me sens ivre de vie intense et que je veux faire un plongeon dans l’animalité pour en retirer une vigueur nouvelle. Pas de ronds-de-cuir spirituels. Chaque heure de ma vie je la voudrais neuve, fût-ce en la rattachant à celles déjà parcourues. Pas de jour de jubilation aux rimes obligées collectives, à partager avec des étrangers qui ne m’intéressent pas. Parce qu’ont jubilé les grands-parents de nos grands parents etc., nous devrions nous aussi ressentir le besoin de la jubilation. Tout cela est écœurant. » -  l’Avanti!, édition de Turin, 1er janvier 1916, rubrique « Sotto la Mole » - traduction : Olivier Favier.

 

 

 

Guyau (Jean-Marie)

« Plus on est uni, plus on doit être indépendant ; il faut tout partager sans pourtant rien aliéner. L’avenir, en un mot, est à l’association, pourvu que ce soit des libertés qui s’associent, et pour augmenter leur liberté, non pour en rien sacrifier. » 

 

 

 

Jaurès (Jean)

 

« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire, ce n’est pas de subir la loi du mensonge triomphant qui passe. » 

 

« Rien n’est plus menteur que le vieil adage pessimiste et réactionnaire de l’Ecclésiaste désabusé : « Il n’y rien de nouveau sous le soleil ». Le soleil lui même a été jadis une nouveauté et la terre fut une nouveauté et l’homme fut une nouveauté. » - Discours à la jeunesse.

 

 

 

Keynes (John Maynard)

 

« Le capitalisme, c’est la croyance stupéfiante selon laquelle les pires des hommes vont faire les pires choses pour le plus grand bien de tout le monde. » 

 

 

 

Le Bon (Gustave)

 

« C'est toujours avec fureur que les croyants brisent les statues de leurs anciens dieux. » - Psychologie  des Foules - 1895.

 

 

 

Lincoln (Abraham)

 

« En gardant le silence alors qu'ils devraient protester, les lâches perdent leur qualité d'hommes. »

 

 

 

Locke (John)

 

« Il n'y a point de meileur moyen pour mettre en vogue des doctrines absurdes que de les munir d'une légion de mots obscurs. » 

 

 

 

Luxemburg (Rosa)


« L'essentiel ce n'est pas que les esclaves soient mieux nourris ; c'est d'abord qu'il n'y ait plus d'esclave. » 

« Ceux qui ne bougent pas ne sentent pas leurs chaînes. » 

 

 

 

Machiavel (Nicolas)

 

« Je dirai donc que le défaut dont les historiens accusent la multitude peut être imputé aux hommes en général, et aux princes en particulier : en effet, tous ceux que ne retient pas l’autorité des lois se livreraient aux mêmes erreurs que la multitude sans frein. On peut facilement s’en convaincre : il y a eu et il existe encore beaucoup de princes, mais on en compte parmi eux bien peu de bons ou de sages. » 

Discours sur la première décade de Tite-Live/Livre premier/Chapitre 58

 

 

 

Marx (Karl)

 

 La production capitaliste ne développe la technique et la production sociale qu’en épuisant en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse : la terre et le travailleur. » 

 

 

 

Milton (John)

 

« Les mêmes qui leur ont ôté les yeux reprochent au peuple d’être aveugle. » 

 

 

 

Nietzsche (Friedrich)

 

« Ce qui se paie n’a guère de valeur ; voilà la croyance que je cracherai au visage des esprits mercantiles. » 

 

« Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours sur la « bénédiction du travail », je vois la même arrière-pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, on sent aujourd'hui à la vue du travail - on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir -, qu'un tel travail constitue la meilleure des polices, qu'il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la  éditation, à la rêverie, aux soucis, à l'amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l'on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l'on adore aujourd'hui la sécurité comme la divinité suprême. » - Aurore.

 

 

 

Péguy (Charles)

 

« Celui qui est désigné doit marcher. Celui qui est appelé doit répondre. C'est la loi, c'est la règle, c'est le niveau des vies héroïques. »

 

 

 

Périclès

« Le secret de la liberté est le courage. »  

 

 

 

Pindare

 

« Ô mon âme, n’aspire pas à la vie éternelle, mais épuise le champ du possible. » - 3ième Pythique

 

 

 

Max Planck

 

« La vérité ne triomphe jamais, ce sont ses ennemis qui meurent peu à peu »

 

 

 

Robespierre (Maximilien)

 

«[...] Le peuple ne demande que le nécessaire, il ne veut que justice et tranquillité ; les riches prétendent à tout, ils veulent tout envahir et tout dominer. Les abus sont l’ouvrage et le domaine des riches, ils sont les fléaux du peuple : l’intérêt du peuple est l’intérêt général, celui des riches est l’intérêt particulier ;[...] » - Oeuvres de Robespierre, page 200 : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:%C5%92uvres_de_Robespierre.djvu/1

 

 

 

Russell (Bertrand)

 

« Il en va du concept de cause comme de la monarchie anglaise, à savoir qu'on ne l'a laissée survivre que parce qu'on suppose à tord qu'elle ne fait pas de dégât ! » 

 

 

 

Saint-Exupéry (Antoine de)

 

« En travaillant pour les seuls biens matériels, nous bâtissons nous-mêmes notre prison. Nous nous enfermons solitaires, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre.  » - Terre des hommes - 1938

 

 

 

Sénèque

 

« Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va. » 

 

 

 

Smith (Adam)

 

« Les fortunés et les orgueilleux s'étonnent de l'insolence du malheur humain et du fait qu'il ose se présenter devant eux en ayant, par l'aspect repoussant de sa misère, l'impudence de déranger leur sérénité et leur bonheur.  » 

 

 

 

Spinoza (Baruch)

 

« Les séditions, les guerres, le mépris ou la violation des lois doivent être imputées, c’est certain, non tant à la méchanceté des sujets qu’au régime vicieux de l’État. » - Traité Politique.

 

 

 

Talleyrand (Charles Maurice de)

 

« On connaît, dans les grandes cours, un moyen de se grandir : c’est de se courber. Les petits princes, eux, ne savent que se jeter à terre. » 

 

 

 

Thucydide 

 

« L’homme n’a pas d’autre choix que d’être libre ou de se reposer. » 

 

 

 

Todd (Emmanuel)

« La nation, qui enferme les riches et les pauvres dans un réseau de solidarités, est pour les privilégiés une gêne de tous les instants. » - L’Illusion économique (1999).

 

 

 

Vaneigem (Raoul)

 

« Piètre civilisation qui voit dans la mort ce qui épuise la vie et non ce que la vie épuise. » 

 

« Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. » 

 

« Il n’existe plus, dans le grand acquiescement au profit, qu’un seul espace concurrentiel, l’arène où s’affrontent chaotiquement des millions d’êtres humains aspirant à vivre et une bureaucratie prête à les anéantir pour peu que leur mort ait un prix. » 

 

« Si avantageux que se veuillent le principe d'équité salariale et le souci d'une marchandise « propre », assainissant production et consommation, nous avons appris qu'une économie au service de l'homme met d'abord l'homme au service de l'économie. Les bons pasteurs de la plus-value commencent toujours par nourrir le troupeau avant de l'envoyer à la boucherie.  » - Pour l'abolition de la société marchande pour une société vivante, p.93, Rivages poche n°480.

 

« Qui vend des béquilles a besoin d'éclopés.

Nous sortons à peine et avec peine d'une société où, à défaut d'avoir jamais pu croire en eux, les individus ont accordé leur croyance à tous les pouvoirs qui les estropiaient en les faisant marcher. Dieu, églises, État, patrie, parti, leaders et petits pères des peuples, tout leur a été prétexte raisonnable pour n'avoir pas à vivre d'eux-mêmes. Ces enfants qu'on ne relevait jadis que pour les faire tomber, il est temps de leur apprendre à apprendre seuls. Que soit enfin rompue l'habitude d'être en demande au lieu d'être en offre, et que soit révolue la misérable société d'assistés permanents dont la passivité fait la force des corrompus.  » - Avertissement aux écoliers et lycéens, p.70, Mille et une nuits, n°69.

 

« Dans l’opinion qui s’est forgée à son propos, la paresse a beaucoup gagné au discrédit croissant dont s’est grevé le travail. Longtemps érigé en vertu par la bourgeoisie, qui en tirait profit, et par les bureaucraties syndicales, auxquelles il assurait leur plus-value de pouvoir, l’abrutissement du labeur quotidien a fini par se faire reconnaître pour ce qu’il est : une alchimie involutive transformant en un savoir de plomb l’or de la richesse existentielle.

Cependant, l’estime dont se prévaut la paresse n’en continue pas moins à souffrir de la relation de couple qui, dans la sotte assimilation des bêtes à ce que les humains ont de plus méprisable, persiste à accoler la cigale et la fourmi. Qu’on le veuille ou non, la paresse demeure prise au piège du travail qu’elle rejette en chantant.

Quand il s’agit de ne rien faire, la première idée n’est-elle pas que la chose va de soi ? Hélas, dans une société où nous sommes sans relâche arrachés à nous-mêmes, comment aller vers soi sans encombre ? Comment s’installer sans effort en cet état de grâce où ne règne plus que la nonchalance du désir ?

Tout n’est-il pas mis en branle pour troubler, par les meilleures raisons du devoir et de la culpabilité, le loisir serein d’être en paix en sa seule compagnie ? Georg Groddeck percevait avec justesse dans l’art de ne rien faire le signe d’une conscience vraiment affranchie des multiples contraintes qui, de la naissance à la mort, font de la vie une frénétique production de néant.  »

 

« Il n'y a pas de droits acquis, il n'y a que des droits à conquérir !  »

 

« Piètre civilisation qui voit dans la mort ce qui épuise la vie et non ce que la vie épuise ! »

 

« Le droit de tout dire, de tout écrire, de tout penser, de tout voir et entendre découle d’une exigence préalable, selon laquelle il n’existe ni droit ni liberté de tuer, de tourmenter, de maltraiter, d’opprimer, de contraindre, d’affamer, d’exploiter. »

 

« Le travail est partout où l'on ne fait rien de sa vie. »

 

« La haine des esclaves pour les maîtres a toujours consolidé leurs jougs plus efficacement qu’elle ne les brisait. La haine enchaîne à son objet, elle n’en délivre pas. En revanche, la volonté de vivre est pareille à la saxifrage : elle contourne le roc qui s’oppose à sa progression, elle l’entoure, découvre la faille, s’y glisse et lentement le brise. Nous ne viendrons à bout du cynisme néolibéral qu’en rétablissant la valeur de la vie, en la débarrassant du prix de vente que lui assigne le marché. »

 

« [...] invoquer la supériorité numérique de l'adversaire n'est le plus souvent que l'alibi de l'impuissance complaisante. La quantité est le faux-semblant d'un pouvoir que la qualité d'une geste, d'une pensée, d'une vie a la faculté de dissiper. La résolution et le génie créatif de quelques-uns savent réduire à zéro le chiffre le plus élevé dont se targuent les forces adverses. » - Pour l'abolition de la société marchande pour une société vivante, p.78, Rivages poche n°480.

 

« L’histoire présente évoque certains personnages de dessins animés, qu’une course folle entraîne soudain au-dessus du vide sans qu’ils s’en aperçoivent, de sorte que c’est la force de leur imagination qui les fait flotter à telle hauteur : mais viennent-ils à en prendre conscience, ils tombent aussitôt » - Traité de savoir vivre à l’usage des jeunes générations.

 



15/01/2019
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