Le Journal de Thomas Jill Wiernon

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L'Apocalypse des Humains ? - Philippe Piveron

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Selon les estimations de certains chercheurs, ce sont plus de 26000 espèces, faune et flore confondues, qui disparaissent annuellement. Jusqu'à cent-vingt cinq par jour ! Ce chiffre en lui-même, objectera-t-on non sans quelque pertinence, ne signifie rien sans contextualisation préalable. Evidemment. Quid, par exemple, du nombre d'espèces apparues dans le même temps ? Nous pourrions penser que cette dernière remarque tempère un tant soit peu, positivement, l'affirmation introductive, mais, outre le fait qu'il est très difficile d'estimer le nombre de nouvelles espèces, nous savons que le taux d'extinction est aujourd'hui cent fois supérieur à ce que nous relevons par le passé ! Les motifs de se réjouir sont donc extrêmement minces voire quasiment inexistants. De plus, un examen attentif de la planète n'invite absolument pas à contrebalancer ce sentiment : les scientifiques dénombrent désormais plus de quatre cents zones mortes (abiotiques) dans les océans... De toute évidence la planète se nécrose inéluctablement, mais gardons-nous de penser que les réserves dites naturelles que nous avons aménagées ici et là sauveront la mise ! Des études démontrent qu'elles ne coïncident pas la plupart du temps avec les biotopes des espèces qu'elles sont sensées protéger ou abriter, moins en terme de localisation, d'ailleurs, qu'en termes d'étendues, de délimitations ou de contingences. Nous avons, bien sûr, créé ces réserves avec les meilleures intentions du monde, en oubliant, néanmoins, d'appréhender la complexité des interactions entre la biosphère, sa faune, sa flore et, en définitive, le système Terre dans sa globalité. L'on ne borne pas arbitrairement les espaces dévolus aux êtres vivants comme on trace — aux arrières-pensées près... — les frontières du Moyen-Orient ! 
 
Pour être franc, je ne suis pas inquiet pour notre planète. Tant que brillera l'étoile Soleil, tant que celle-ci demeurera une naine jaune, la Terre constituera toujours un athanor pour la vie, providentiel, fécond et mystérieux. L'humanité, elle, hélas ! passera, simplement victime de son hubris. L'homo demens aura vaincu l'homo sapiens ! Fatalité ?
Nous pouvons le craindre. Quand notre survie même — et celle de tous nos enfants, bon sang ! — sont en jeu, je constate, avec amertume et dépit, que nos passions se consument exclusivement, par exemple, autour de l'identité d'un nouvel arnaqueur, d'un futur Président de la République, en l'occurrence ! Les élections advenues, les affects retomberont très certainement, comme s'affaisse un soufflé; les esprits hiberneront ensuite sagement, le temps d'un désastreux quinquennat ! Comment, au regard des enjeux qui nous attendent, ne pas déplorer le degré d'inconscience général, l'infantilisme et la puérilité des postures, des idées et des débats qui déchirent bruyamment l'espace médiatique ? Mais il est plus pernicieux encore : le fait même que, sous couvert de démocratie, nous conférions en réalité, aveuglément, notre pouvoir et notre puissance à un tiers prompt, aussitôt élu, à nous leurrer, à nous trahir. Cela en dit long, très long, sur notre volonté effective de nous battre, de résister et de créer.
 
Alors, posons-nous lucidement cette question : au fond de nous-même, aimons-nous encore véritablement la vie ? Parce que nous ne survivrons pas par procuration !


08/12/2016
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